dimanche 11 janvier 2009

Le Krak des chevaliers

Le Krak des Chevaliers (en syriaque, « krak » signifie « forteresse ») est un château fort datant de l'époque des croisades. Il est situé dans l'ouest de la Syrie, sur les derniers contreforts du djebel Ansariyya.
La forteresse est construite sur une colline de 750 m de haut aux flancs abrupts. Pour l’époque, s’emparer de ce château fort était pratiquement impossible. Le Krak des Chevaliers est devenu en un siècle de construction l'un des exemples d'architecture militaire défensive les plus aboutis de son époque et même du Moyen Âge. Une utilisation intelligente de la topographie et d'éléments d'architecture empruntés aux cultures européenne, byzantine et arabe ont rendu cette place imprenable pour peu qu'elle soit défendue par une garnison suffisante. Son système d'entrée était révolutionnaire: il consistait en un long corridor, entrecoupé de "sas", et percé dans son toit de nombreuses meurtrières servant à bombarder les assaillants à coups de pierre, et possédant de lourdes portes en bois à l'entrée et à la sortie, munies d'un système de poulies, et servant à bloquer le passages des attaquants qui auraient réussi à survivre assez longtemps pour parvenir jusque-là...

En 1099, les croisés arrivent en orient lors de la première croisade, et s'emparent de la forteresse. Ils la restaurent et l'agrandissent plusieurs fois, notamment après les tremblements de terre de 1157 et 1170. C'est à cette époque qu'elle prit le nom de Krak des Chevaliers. La citadelle mesure 200 mètres sur 140 mètres, couvre trois hectares, et son mur extérieur mesure 30 mètres de large. Elle comprend deux places fortes, treize grandes tours, de nombreuses salles, magasins, citernes, étables, ... Elle peut contenir une garnison de 2000 hommes et leurs chevaux, et tenir un siège de cinq ans.

Vers la seconde moitié du XIIIe siècle, lors de l’essoufflement des croisades, la garnison de la forteresse avait été réduite à moins de 300 hommes. Le Krak étant tenue par l'ordre militaire des Hospitaliers et, avec l'arrivée au pouvoir de Baybars, sultan des Mamelouks, les territoires sur lesquels le Krak levait traditionnellement tribut étaient passés en mains ennemies. Ce n'était désormais plus qu'une question de temps avant que Baybars lui-même ne vienne attaquer la forteresse, ce qu'il fit en 1271. La première enceinte céda mais le sultan ne put malgré tout s'emparer du Krak que par la ruse : il envoya une fausse missive, émanant prétendument du Grand Maître des Templiers, enjoignant aux assiégés de se rendre. Ceux-ci négocièrent leur vie contre la promesse de retourner dans leur pays d'origine et, le 8 avril, la citadelle changea de mains. Cette conquête mit fin à 129 ans d'invincibilité du fort.

Les Mamelouks utilisèrent et modifièrent le Krak des Chevaliers en renforçant notamment le flanc sud et en ajoutant un hammam et un aqueduc, mais son intérêt stratégique diminua parallèlement à la menace franque. Les invasions mongoles de Tamerlan (1400-1401) et celles des Ottomans en 1516 ignorèrent même le site. Par la suite, le fort fut connu sous le nom de Qala’at al-Hosn. Le château servit ensuite de résidence à un gouverneur et, en 1859, l'expédition de Guillaume Rey le trouva en excellent état. En 1920, le Krak passa sous contrôle du mandat français et, afin de permettre la restauration du site, un village qui s'était installé dans ses murs fut reconstruit sur un emplacement qu'il occupe encore aujourd'hui.

Le Krak passa finalement sous le contrôle de la Syrie lors de l'adhésion de cette dernière à l'ONU. C'est aujourd'hui un site touristique.

1 commentaire:

  1. Bravo

    En passant, j'ai ajouté l'hymne national du pays si vouz cliquez sur le drapeau de la semaine.

    Christian

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