dimanche 7 juin 2009

Les murs de Constantinople


Les murs de Constantinople (aujourd’hui Istanbul, en Turquie) sont sans doute parmi les plus célèbres, les plus imposantes et les plus efficaces fortifications de l’antiquité et du moyen-âge. Lorsqu’ils étaient bien défendus, ils étaient presque imprenables pour les attaquants du moyen-âge. Ils ont protégé la ville à de nombreuses reprises, notamment contre les avars, les arabes, les rus et les bulgares, retardant par le fait même l’effondrement complet de l’empire byzantin. Ils n’ont toutefois pas pu empêcher la ville d’être prise d’abord par les croisés de la quatrième croisade en 1204, puis enfin par l’empire ottoman en 1453.



Les murs

Les premières fortifications de la ville datent du VIIe siècle avant J-C, lorsqu’elle a été fondée (sous le nom de Byzance) par des colons grecs. Au cours de l’occupation romaine, la ville a été assiégée et prise lors d’une guerre civile. La ville ayant résisté au siège pendant trois ans, le vainqueur en a détruit les fortifications en guise de représailles. Toutefois, il reconnu plus tard que la ville était d’une grande importance stratégique et construisit de nouvelles murailles.

En 330 après J-C., l’empereur romain Constantin décida de faire de Byzance la nouvelle capitale. Il renomma la ville Constantinople, et l’agrandit significativement. Il fit construire autour de la ville un grand mur parsemé de tours. Ces fortifications résistèrent pendant plusieurs siècles.

Toutefois, au cinquième siècle, peu après la séparation définitive de l’empire romain en deux moitiés distinctes (l’empire romain de l’ouest, dont la chute définitive a eu lieu en 476, et l’empire romain de l’est, qui sera plus tard connu sous le nom d’empire byzantin), la ville avait pris tant d’expansion que certains citoyens étaient forcés de vivre à l’extérieur des murs. L’empereur Théodosius II fit donc construire un nouveau mur plus grand, connu sous le nom de mur théodosien. Il faisait environ 5,6 km de long et fut complété en 413. En 447, un tremblement de terre en détruisit une partie significative, alors même que la ville était en danger d’être attaquée par Attila le Hun. Les murs furent cependant réparés en seulement 60 jours, et un second mur fut construit devant le premier et entouré d’un fossé.

Les fortifications permettaient maintenant d’avoir deux lignes de défense, en plus d’un fossé. Le mur intérieur était 5 mètres de large et 12 mètres de haut. Il était renforcé par 96 tours entre 18 et 20 mètres de haut, espacées de 55 mètres. Chaque tour possédait deux chambres. La chambre inférieure pouvait être accédée à partir de la ville et servait d’entreposage, alors que la chambre supérieure pouvait être accédée du dessus du mur et était munie de fenêtres pour permettre de tirer sur l’ennemi. Le mur extérieur, quant à lui, était situé entre 15 et 20 mètres du mur intérieur. Il était large de 2 mètres et haut de 8,5 mètres. Il possédait lui aussi 96 tours. Le mur extérieur pouvait être accédé soit en passant par les portes principales, soit en passant par de petites portes secrètes dissimulées à la base du mur intérieur. Quoi que moins imposant par ses dimensions que le mur intérieur, le mur extérieur restait toutefois une puissante défense. Lors d’un siège de la ville par les ottomans en 1422, les byzantins, trop peu nombreux, ont réussi à défendre leur ville contre l’envahisseur en concentrant leurs efforts sur le mur extérieur. Le fossé, quant à lui, était situé à environ 15 mètres du mur extérieur. Il était large de 20 mètres et profond de 10 mètres et pouvait être rempli d’eau au besoin. Il y avait même, sur le bord du fossé du côté de la ville, un petit mur de 1,5 mètre de haut qui pouvait servir de première ligne de défense.

Les murs théodosiens n’étaient pas les seuls à entourer la ville. Au nord-ouest de la ville, une banlieue a été entourée d’un mur simple en 627, mesurant entre 12 et 15 mètres de haut et plus large que le mur théodosien. Il y avait aussi des murs face à la mer, qui défendait la ville contre les invasions navales. Enfin, il y avait quelques murs et forteresses à proximité de la ville.

Ces fortifications étaient donc particulièrement puissantes. Toutefois, elles n’étaient pas suffisantes pour empêcher la chute de Constantinople. Comme tous les murs médiévaux, les murs de Constantinople étaient mal adaptés pour résister aux canons qui commençaient à apparaître en nombre croissant vers la fin du moyen-âge. Cependant, lors du dernier siège de Constantinople par les ottomans, les canons turcs tiraient si lentement que les byzantins avaient le temps de réparer la majeure partie des dégâts entre chaque tir, et les défenseurs, concentrant leurs efforts sur le mur extérieur, ont réussis à repousser de nombreux assauts. Les murs de Constantinople ont permis aux byzantins de résister vaillamment à un ennemi largement supérieur en nombre. La chute de la ville n’est pas due à un défaut de ses fortifications, mais à un manque d’hommes pour les manier correctement. L’empire byzantin déclinait depuis plusieurs siècles déjà. Ce n’était plus que l’ombre d’un glorieux passé, qu’il était maintenant impossible de restaurer. En 1453, les ottomans prirent possession de la ville, détruisant ainsi le dernier vestige de l’empire romain et marquant la fin du moyen-âge.

Les murs, eux, survécurent.



Aujourd’hui

Après la prise de Constantinople, les ottomans réparèrent les murs et les entretinrent pendant quelques siècles. Ensuite, dans les années 1980, de nombreuses sections furent restaurées, avec le support financier de l’UNESCO. Cependant, cette restauration a été critiquée puisque les matériaux et les techniques utilisées étaient de mauvaise qualité. Cet argument a gagné de la crédibilité en 1999, alors que des tremblements de terre ont causé l’effondrement des sections restaurées, mais pas de la structure originale. Ce manque de restauration adéquate et les dommages causés par la pollution urbaine ont poussés le Fond mondial pour les monuments à inclure les murs de Constantinople dans leur liste des 100 sites les plus en danger.


2 commentaires:

  1. Bon, voilà, c'est mon premier depuis longtemps, donc vous me direz ce que vous en pensez. J'en ai profité pour ajouter des détails historique pertinents (si vous en voulez moins, ou plus, la prochaine fois, dites-moi le).

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  2. Nous avions sauté une semaine... bravo à Dominik pour avoir repris le Blog cette semaine.

    Christian

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